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Investir contre le paludisme au Burkina Faso : 15 ans d’efforts qui sauvent des vies

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Entre 2009 et 2023, le Burkina Faso a connu une croissance démographique rapide accompagnée d’investissements importants dans le secteur de la santé. Une récente analyse des données des 15 dernières années, menée par une équipe de chercheurs dont ceux du Groupe de Recherche Action en Santé (GRA) met en lumière l’impact concret de ces investissements financiers sur la lutte contre le paludisme chez les enfants de moins de cinq ans, l’une des populations les plus vulnérables face à cette maladie.

Sur la période étudiée, les dépenses de santé ont fortement augmenté tout comme les financements dédiés à la lutte contre le paludisme. Ces efforts ont permis d’améliorer l’accès aux services de santé notamment à travers la construction et l’équipement de centres de santé, le recrutement de personnel de santé, la disponibilité de médicaments essentiels et le renforcement des compétences des agents de santé. Cela a eu un résultat très positif sur la réduction de la distance moyenne parcourue par les populations pour atteindre un établissement de santé ; favorisant ainsi un recours plus précoce aux soins et une prise en charge rapide des cas.

L’étude montre également que les contacts des enfants de moins de cinq ans avec les services de santé ont augmenté de manière significative au fil des années. La distance aux établissements de santé et la disponibilité du personnel qualifié influencent directement les chances de survie des enfants atteints de paludisme. Cette amélioration de l’accès aux soins, combinée à la mise en œuvre à grande échelle de la chimioprévention saisonnière du paludisme depuis 2015, a contribué à une baisse notable de la proportion des cas graves et surtout à une réduction marquée de la mortalité liée au paludisme chez les jeunes enfants. Les agents de santé communautaires sont de plus en plus impliqués dans le diagnostic et la prise en charge au niveau communautaire depuis 2016. Cela a fortement contribué à l’amélioration de la détection et l’orientation rapide des cas vers des soins appropriés. Et aussi du même coup a contribué à expliquer la partie visible de l’iceberg avec l’augmentation rapide des cas de paludisme rapportés par les diagnostics communautaires du paludisme par les ASBCs qui s’ajoutaient désormais aux données des formations sanitaires jusqu’à saturation entre 2016 et 2022-2023.

Toutefois, les résultats révèlent d’importantes disparités au niveau des régions du Burkina Faso. Les régions du Sahel, de la Boucle du Mouhoun et du Centre-Nord présentent un risque de mortalité lié au paludisme nettement plus élevé que la région du Centre. Ces zones sont fortement touchées par l’insécurité et les déplacements de populations et font face à des défis majeurs d’accès aux soins avec la fermeture de certains établissements de santé et des difficultés logistiques persistantes. Un investissement financier coordonné et rigoureux dans ces trois régions pourrait accélérer la réduction de la morbidité et de la mortalité au Faso.

Malgré les progrès enregistrés le paludisme demeure un problème majeur de santé publique au Burkina Faso. Les chercheurs soulignent que les avancées observées sont le fruit d’un travail continu et coordonné, qui doit être maintenu voire renforcé afin de consolider les acquis. Cette dynamique est essentielle pour réduire durablement la mortalité palustre et aller vers l’objectif d’élimination du paludisme, conformément aux orientations de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Cet article est basé sur une publication scientifique au Malaria Journal, étude conduite par Dr Jean Baptiste YARO et Al., 2026- chercheur au Groupe de Recherche Action en Santé (GRAS).

Vous pouvez lire l’intégralité de l’article via ce lien, DOI : 10.1186/s12936-025-05779-8.

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