Chaque vaccin administré dans un centre de santé est l’aboutissement de nombreuses années de recherche scientifique. Avant d’être mis à la disposition des populations, les vaccins doivent franchir plusieurs étapes d’évaluation et de développement rigoureuses afin de produire les preuves scientifiques indispensables pour garantir leur sécurité d’emploi et leur efficacité.
La phase préclinique est la première étape du développement d’un vaccin, avant tout essai chez l’être humain. Elle est réalisée in vitro et in vivo uniquement en laboratoire avec pour objectif de déterminer si le candidat vaccin présente un potentiel suffisant d’efficacité et un niveau de sécurité acceptable pour justifier son évaluation clinique.
Pourquoi réaliser des essais cliniques sur les vaccins ?
Les essais cliniques sont indispensables et sont réalisés pour répondre à plusieurs questions fondamentales :
- Le vaccin est-il sûr pour l’être humain ?
- Quelle est la dose la plus appropriée ?
- Stimule-t-il une réponse immunitaire suffisante ?
- Protège-t-il réellement contre la maladie ?
- Quels sont les effets indésirables les plus fréquents et les plus rares ?
Les réponses à ces questions sont obtenues grâce à des études cliniques menées auprès de volontaires, dans le respect des principes éthiques et scientifiques les plus exigeants.
Les essais cliniques : une étape incontournable
Apres des résultats précliniques jugés satisfaisants et l’obtention des autorisations réglementaires et éthiques nécessaires, le candidat vaccin est évalué chez l’être humain selon un processus progressif comprenant quatre phases.
Phase I : établir le profil de sécurité du vaccin
Cette première phase implique généralement un petit nombre de volontaires adultes en bonne santé afin d’évaluer principalement la sécurité du vaccin, sa tolérance et la dose la plus adaptée. A cette phase, les premières réponses du système immunitaire sont aussi évaluées.
Phase II : confirmer la réponse immunitaire induit par le vaccin
Apres la phase I, le vaccin est administré à plusieurs centaines de participants dans la phase II. Dans cette phase les essais sont le plus souvent randomisés, contrôlés et permettent de confirmer son profil de sécurité, d’étudier plus précisément la réponse immunitaire et d’optimiser le schéma vaccinal, notamment la dose et le nombre d’injections.
Phase III : démontrer l’efficacité du vaccin
La phase III constitue la phase pivot, l’étape décisive avant une éventuelle autorisation de mise sur le marché. Les études cliniques à cette phase sont multicentriques et inclut plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de volontaires. Les participants sont alors randomisés en deux groupes, un groupe recevant le vaccin et un groupe témoin. Cette phase vise à confirmer l’efficacité du vaccin à prévenir la maladie tout en poursuivant l’évaluation de sa sécurité.
Phase IV : faire surveillance continue de pharmacovigilance
L’évaluation d’un vaccin ne s’arrête pas après son autorisation. Une surveillance continue, appelée pharmacovigilance, est mise en place afin de détecter d’éventuels effets indésirables rares, d’évaluer l’efficacité à long terme et de suivre les performances du vaccin dans les conditions réelles d’utilisation. Cette surveillance contribue à maintenir un niveau élevé de sécurité tout au long de la vie du vaccin.
GRAS, une expertise approuvée dans la conduite des essais cliniques sur les vaccins au Burkina Faso
Le GRAS, Institut de recherche avec sa grande expertise dans le développement des vaccins au Burkina Faso s’investie pleinement dans l’évaluation de plusieurs candidats vaccins destinés à lutter contre des maladies ciblées telles que le paludisme, la fièvre typhoïde, la dengue ou encore la bilharziose. Les résultats ainsi obtenus à travers ces essais cliniques sur les candidats vaccins ont contribué à orienter les décideurs de politiques de santé dans le pays.
Le Burkina Faso, un acteur clé de la recherche sur les vaccins en Afrique
Le Burkina Faso s’est imposé comme un acteur de référence dans la recherche clinique en Afrique. Grâce à des équipes de chercheurs hautement qualifiées, à des infrastructures répondant aux standards internationaux et à une solide expérience dans la conduite d’essais cliniques, le pays contribue au développement de vaccins destinés à répondre aux principaux défis de santé publique du continent.
Une contribution déterminante au développement du vaccin contre le paludisme et la fièvre typhoïde
Des chercheurs burkinabè ont participé à plusieurs essais cliniques d’évaluation de candidats vaccins contre le paludisme (vaccin RTS, S/AS01 et vaccin R21/Matrix-M) et la Fièvre typhoïde. Grâce au déploiement dans plusieurs pays Africains de ces vaccins homologués contre le paludisme et la fièvre typhoïde, de millions de vies sont sauvées et le bien-être de populations amélioré.
Sidnoma Rosine KABORE, Chargée de communication
Dr Jean Moïse KABORE, Médecin chercheur


