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Étendre la prévention du paludisme aux enfants de 5 à 9 ans : les enseignements d’une grande étude au Burkina Faso.

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Au Burkina Faso, la CPS a pour cible actuellement les enfants de moins de 5 ans principalement. Une étude menée dans le District Sanitaire de Saponé apporte de nouveaux éléments sur l’efficacité de la chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS) et sur l’intérêt de l’étendre aux enfants plus âgés.

En effet, la CPS consiste à administrer un traitement préventif associant la sulfadoxine-pyriméthamine plus amodiaquine (SP-AQ) aux jeunes enfants durant la saison des pluies, période critique où les moustiques prolifèrent. La CPS exclut les enfants plus âgés pourtant encore vulnérables. Mais les enfants plus âgés restent exposés au risque d’infection pendant la saison de forte transmission en ce sens qu’ils constituent le vrai réservoir de l’infection dans la communauté.

Une étude menée dans le District Sanitaire de Saponé auprès de plus de 3 400 enfants a testé différentes façons de distribuer les traitements préventifs contre le paludisme (la CPS). Les résultats pour les enfants de 5 à 9 ans étaient que donner la CPS aux enfants de 5 à 9 ans a réduit de près de moitié la présence du parasite (28,1 % de porteurs contre 47,1 % dans le groupe témoin) tandis que le risque de tomber malade du paludisme a chuté de 72 % chez les plus grands enfants grâce à cette stratégie d’extension.

Par contre chez les enfants de moins de 5 ans, regarder l’enfant avaler son traitement (traitement observé) ne change pas radicalement la quantité globale de parasites par rapport à la méthode classique malgré la différence observée (24,9 % contre 19,7 %, sans différence statistique majeure). En revanche, les enfants qui prenaient vraiment leurs médicaments régulièrement (confirmé par les analyses de sang) ont été beaucoup mieux protégés contre la maladie que les autres. Pour le Burkina, ces résultats plaident en faveur d’une recommandation sur l’extension de l’âge de la CPS aux enfants de 5 à 9 ans, notamment dans les zones où le risque pour la transmission du paludisme est importante.

L’extension de la CPS aux enfants de 5 à 9 ans pourrait constituer un levier supplémentaire pour accélérer lutte contre le paludisme au Burkina Faso. L’efficacité observée souligne toutefois l’importance de l’observance et invite à considérer simultanément les dimensions sanitaires, logistiques et financières d’une telle stratégie.

Cet article est basé sur une publication scientifique conduite par des chercheurs au Groupe de Recherche Action en Santé (GRAS).

Lien : https://doi.org/10.1016/S1473-3099(26)00305-1

Sidnoma Rosine KABORE 

Chargée de Communication

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