La recherche scientifique joue un rôle essentiel dans l’amélioration des connaissances médicales, le développement de nouveaux traitements et le renforcement des systèmes de santé. Toutefois, lorsqu’elle implique des êtres humains, elle doit impérativement respecter des principes fondamentaux visant à protéger les participants. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’éthique de la recherche.
L’éthique en recherche désigne l’ensemble des principes et des règles qui encadrent la conduite des études impliquant des êtres humains. Il e est donc un pilier fondamental de toute activité scientifique impliquant des êtres humains. Elle garantit que la recherche est menée dans le respect des droits, de la dignité et du bien-être des participants.
Au-delà des exigences scientifiques, elle constitue un élément essentiel pour renforcer la confiance entre les chercheurs et les communautés, et assurer que les avancées scientifiques bénéficient réellement aux populations.
Son objectif principal est de garantir que les activités de recherche ne nuisent pas aux participants et contribuent réellement à l’amélioration de leur bien-être.
Pourquoi l’éthique est-elle essentielle pour la recherche en santé ?
Dans un contexte comme celui du Burkina Faso, marqué par des défis sanitaires et des réalités socio-économiques complexes, le respect de l’éthique est fondamental. Il permet en autre de protéger les droits et la dignité des participants, de garantir leur sécurité, de renforcer la confiance des populations envers la recherche scientifique.
L’éthique repose sur trois principes fondamentaux : le respect de l’autonomie de la personne, la bienfaisance et la justice.
Le respect de l’autonomie implique que chaque personne participe à une recherche de manière libre et volontaire.
Cela doit être matérialisé par l’obtention de son consentement libre et éclairé à au cours d’un processus au bout duquel un individu accepte de prendre part à une étude sans contrainte ni pression après avoir reçu des informations claires, exhaustives, et compréhensibles. Ces informations portent entre autres sur les objectifs et les procédures, de la recherche, ainsi que les risques potentiels et bénéfices éventuels pour le participant.
Ce consentement doit être :
- Libre : sans pression aucune
- Eclairé : basé sur une information adaptée
- Continu : le participant peut se révoquer à tout moment son consentement
Il est important de souligner que le consentement ne se limite pas à une signature. Il s’agit d’un processus qui commence dès les premières rencontres d’information et se poursuit tout au long de la participation de la personne dans la recherche.
Le principe de bienfaisance signifie que l’intérêt et la sécurité des participants priment sur les objectifs scientifiques. La bienfaisance c’est garantir le bien-être des participants, suivant la règle d’or de l’éthique médicale «Primum non nocere» (« En premier, ne pas nuire ») attribuée à Hippocrate.
Les chercheurs doivent donc travailler à minimiser les risques liés à la recherche, maximiser les bénéfices potentiels, mettre en place des mesures de protection adaptées. Cela implique d’informer régulièrement les participants sur l’évolution de l’étude, garantir leur liberté de se retirer à tout moment, assurer la confidentialité des données personnelles et médicales et prévoir des mesures en cas d’effets indésirables ou de risques.
Le principe de justice vise à garantir une répartition juste et équitable tant du fardeau que des avantages de la recherche. Il garantit qu’aucun groupe vulnérable ne supporte une part disproportionnée des risques liés à la recherche et que toutes les populations bénéficient.
Aucune discrimination ne doit intervenir sur la base du genre, de l’ethnie, du niveau d’éducation, de la situation économique. Seuls les critères scientifiques définis dans le protocole de recherche doivent être pris en compte. De plus, les bénéfices et les risques de la recherche doivent être répartis de manière équitable.
Sidnoma Rosine KABORE, Chargée de Communication- GRAS
Denise HIEN, Sociologue et chercheure-GRAS


